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# Posted on Sunday, 02 November 2008 at 10:16 AM

Free Hugs

Il y a quelques mois, un Américain farfelu d'Atlanta faisait découvrir au monde un nouveau concept : celui des Free Hugs.

L'idée est toute simple : afin de briser la barrière de l'individualisme inhérente à notre société actuelle, il décide de se planter dans un centre commercial avec une pancarte sur laquelle est écrite "Free hugs". Et il passe sa journée à distribuer des câlins gratuits.

Grâce à Youtube, la vidéo fait le tour du monde en quelques mois et le concept connaît un succès retentissant dans nombre de pays.

Le mercredi 20 décembre sur le parvis de Beaubourg à Paris aura lieu une journée du câlin gratuit, alors venez nombreux pour participer à ce phénomène exceptionnel et distribuer vous aussi vos câlins gratuits !
Free Hugs

# Posted on Tuesday, 12 December 2006 at 11:24 AM

Edited on Thursday, 24 May 2007 at 4:05 AM

Pink Floyd

Pink Floyd est né d'un groupe antérieur qui s'est appelé Sigma 6, The Megga Deaths et j'en passe ... Lorsque ce groupe a splitté, certains membres (Roger Waters, Nick Mason, Rick Wright et Bob Klose) ont été rejoint par le guitariste Syd Barrett qui devint aussi le chanteur du band Tea Set. Et puis, un soir, Tea Set avait un gig à faire, mais problème : le groupe qui jouait juste avant eux s'appelait Tea Set aussi ! Syd Barrett improvisa alors un nom vite fait, The Pink Floyd Sound (nom donné en l'honneur de ses deux chats, Pink et Floyd eux mêmes portant le nom de deux musiciens de blues : Pink Anderson et Floyd Council) Le nom du groupe oscilla pendant un petit moment entre Tea Set et Pink Floyd Sound mais ce dernier l'emporta finalement et le "Sound" fut abandonné. Bob Klose quitta le groupe un peu avant que le groupe n'enregistre en studio : on avait alors la première compo de Pink Floyd : Syd Barrett pour la voix et la guitare, Roger Waters à la basse, Mason à la batterie, et Wright au piano.

Pink Floyd fut l'un des groupes les plus appréciés du mouvement underground de la fin des années 60, jouant dans nombre de clubs très renommés. Ayant acquis une popularité qu'ils jugent suffisante, en octobre 1966 le groupe et leurs deux managers forment une boîte de management (Blackhill Management) et sortent les singles Arnold Lane (qui sera 20e dans les charts) et See Emily Play (qui sera 6e et qui leur vaudra leur première apparition à Top of the Pops en juillet 1967)

Leur premier album, en août 1967 est un pur exemple de la musique psychédélique brit de ces années : "The Piper at the Gates of Dawn", essentiellement écrit par Barrett est plutôt bien reçu par les critiques à l'époque. Il atteignit la 6e place dans les ventes d'album en UK, mais aux US il ne dépassa pas la 131e place. C'est à cette époque que le groupe partit en tournée avec Jimi Hendrix ce qui leur donna une grosse notoriété.

Mais le succès avait une face cachée : la santé mentale de Syd Barrett commençait à décliner en raison de son usage de drogues psychédéliques. En janvier 1968, David Gilmour, un ami d'enfance de Barrett rejoint le groupe pour "seconder" Barrett à la guitare et au chant : en effet, les prestations scéniques de ce dernier se limitent la plupart du temps à rester toute la soirée à jouer le même accord ou à s'amuser à désaccorder sa guitare ... En fin de compte, il ne fut même plus convié aux concerts, et alors qu'il était prévu qu'il continue d'écrire pour le groupe, ses compo trop compliquées furent abandonnées, et il fut définitivement écarté du groupe en avril 1968.

De 1968 à 1970, le groupe expérimenta beaucoup de musiques différentes, se répartissant les taches d'écritures entre Gilmour, Waters et Wright. L'album "A saucerful of secrets" fut plutôt mal reçu par la critique de l'époque, atteignit la 9e place dans les charts anglais et est le seul album à n'avoir pas percé du tout dans les charts américains ! L'album suivant, la musique du film "More" de Barbet Schroeder reçut le même genre d'accueil mitigé : on reprochait à Pink Floyd leur inconsistence. Déjà se dessinaient certains traits majeurs de leur musique, notamment leur amour des longs morceaux ...

L'album qui suivit, "Ummagumma" (argot de Cambridge pour désigner l'acte sexuel) fut leur plus gros succès à cette époque, puisqu'il fut 5e dans les charts anglais, et 74e outre-atlantique. La critique aussi fut plus indulgente à l'égard de cet album.

"Atom Heart Mother" est considéré comme la consécration du groupe puisqu'il atteignit la première place des charts britanniques. Collaboration avec le compositeur avant gardiste Ron Geesin, l'album est composé d'une face A avec une chanson de 23 minutes du même nom que l'album, et d'une face B avec un morceau de chacun des chanteurs (Waters et son folk-rock "If", Gilmour avec son bluesy "Fat Old Son" et Wright avec le nostalgique "Summer 68" ) et une chanson appelée "Alan's Psychedelic Breakfast" : un homme mange un petit déjeuner, on a ses pensées, et tout ça est mis en musique ... C'est considéré comme l'album le moins accessible de Pink Floyd, et Gilmour en a dit que c'était "a load of rubbish" alors que Waters a avoué que ça ne le gênerait pas que l'album soit effacé de leur discographie. Néanmois, c'est une transition importante pour le groupe, et le morceau principal augure déjà des compos telles que Echoes ... De plus, la popularité de l'album leur permit de partir en tournée aux Etats Unis en solo.

De 1971 à 1975, Pink Floyd rompt ses liens avec la scène psyché du moment et devient un groupe impossible à qualifier. Les styles différents des leaders, Waters, Gilmour et Wright contribuèrent à créer un son unique ! A cette époque sont enregistrés deux de leurs albums considérés comme les meilleurs par beaucoup : "Dark Side of the Moon" et "Wish you were here". Avec des paroles philosophiques, un son très lisse, l'intervention de choristes féminins et le saxo de Dick Parry, Pink Floyd montrait un nouveau visage qui se distinguait clairement de ses débuts. Leur amour des longs, longs morceaux trouva son apogée avec Echoes, une chanson longue de 23 minutes, véritable chef d'oeuvre. Cette époque est aussi la fin de la vraie collaboration entre les membres puisque l'influence de Waters par la suite ira croissant jusqu'au split du band.

"Meddle" en 1971 sera le support de Echoes notamment, long morceau rock progressif avec au milieu des bruits de baleines synthétisés à la guitare et des cris de mouette. Forcément, comme ça, ça donne pas trop envie d'écouter. Néanmoins ce morceau est considéré comme l'un des meilleurs du répertoire de Pink Floyd. L'album Meddle est considéré par Nick Mason comme le premier "vrai" album de Pink Floyd.

Le groupe collabore une fois de plus avec Barbet Schroeder en 1972 puisque l'album Obscured by Clouds est la bande originale de son film "La Vallee"

1973 fut une grande année pour Pink Floyd, avec l'enregistrement de "Dark Side of the Moon". Cet album est l'un des plus vendus au monde (40 millions de copies à ce jour) et est resté dans le classement des 200 meilleures ventes pendant 741 semaines ! (c'est le seul album à avoir connu ce sort favorable) De plus, le morceau "Money" fut le premier single de Pink Floyd à atteindre la première place des charts aux Etats-Unis. De nouveaux thèmes sont introduits, comme la futilité de la violence et de la guerre (Us and Them), la démence et l'insanité avec Brain Damage, etc ... C'est le producteur Alan Parsons qui fut capable de restituer le son avec une telle fidélité grâce à de nouveaux procédés. Notons finalement que l'album fut enregistrés dans le célébrissime studio de Abbey Road.

1975 est l'année de "Wish you were here", album où le thème de l'absence est omniprésent : l'absence d'humanité au sein de l'industrie de la musique, et surtout l'absence de Syd Barrett. Très connu pour son titre phare "Wish you were here", l'album contient un morceau très émouvant, Shine on you crazy diamond qui traite explicitement de la "chute" de Syd Barret. Une anecdote raconte qu'alors qu'ils enregistraient ce morceau, un homme énorme, ayant rasé sa tête et ses sourcils, rentra dans le studio. Pendant un petit moment, personne ne le reconnut jusqu'à ce que l'un des membres du groupe réalise que c'était Barrett !

Par la suite, l'influence de Roger Waters commença à grandir jusqu'à carrément étouffer le groupe. C'est la dernière vraie époque de Pink Floyd, de 1976 à 1985.

L'album de janvier 1977 "Animals" reprend une idée de George Orwell en comparant les individus de la société contemporaine à des animaux, des Pigs, des Sheep ou des Dogs. Pink Floyd continue dans la même veine, avec de longs morceaux laissant percer tout leur talent de composition. La pochette représente un cochon flottant entre les cheminées de la centrale de Battersea à Londres. Dès lors, le cochon devint un des signes importants pour Pink Floyd et lors de leurs concerts il n'était pas rare de voir des cochons gonflabes flotter au dessus du public.

Le rock opera de 1979 "The Wall" composé par Waters traite du mur existant entre l'artiste et son public, et de son impossibilité à communiquer avec lui. Le morceau archi connu "Another Brick in the Wall pt. 2" en est le titre phare, et on y retrouve des morceaux qui seront mis à l'honneur dans des lives notamment, avec Comfortably Numb.

Un film "Pink Floyd : The Wall" fut réalisé en 1982, certains critiques le comparant au "clip musical le plus long du monde". Le film reprend la plupart des chansons de The Wall, et y introduit "When the tigers broke free", morceau émouvant dans lequel Waters raconte la mort de son père à la bataille d'Anzio au cours de la seconde guerre mondiale. L'album suivant de Pink Floyd, The Final Cut, est d'ailleurs dédié à la mémoire de Eric Fletcher Waters. Attribué à Pink Floyd, l'album (dont le nom in extenso est "The Final Cut - A requiem for the post-war dream by Roger Waters, performed by Pink Floyd: Roger Waters, David Gilmour, Nick Mason" ) est une compo de Roger Waters exclusivement.

A cette époque là, les disputes entre Waters et Gilmour étaient tellement violentes qu'il paraîtrait qu'ils n'étaient jamais en studio d'enregistrement ensemble. C'est alors que les membres du groupe partirent en solo accomplir leurs propres projets (album "About Face" de Gilmour en mars 1984, "The pros and cons of hitch hicking" de Waters en mai 1984 ...)

En décembre 1985, Waters annonça officiellement qu'il se retirait de Pink Floyd et s'opposa à ce que Gilmour et Mason utilisent le nom du groupe pour un nouvel album. Un gros procès éclata et fut finalement résolu hors des tribunaux.

"A momentary lapse of reason" fut très critiqué à l'époque, car ayant besoin d'aide pour l'écriture, Mason et Gilmour avaient fait appel à des artistes extérieurs, ce que Pink Floyd n'avait jamais fait. Plus tard, il fut dit de cet album que Mason et Wright y avaient tellement peu contribué qu'il peut être considéré comme une compo solo de Gilmour.

L'album de 1994, The Division Bell, dernier album de Pink Floyd, est un vrai travail collectif et reçut pour cette raison un accueil bien plus favorable de la part du public et des critiques.

L'album live P*U*L*S*E est une compilation de morceaux live sur la tournée de Division Bell de Londres, Rome, Hanovre et Modena. Pink Floyd sont connus pour leurs concerts exceptionnels, mettant en oeuvre beaucoup de moyens au niveau de la lumière notamment.

En 2005, la formation initiale de Pink Floyd fut réunie à Hyde Park au moment du Live 8 devant leur plus grande audience à ce jour. Beaucoup de rumeurs coururent après ce "concert", notamment que Pink Floyd se réunirait, que la hache de guerre serait enterrée entre Gilmour et Waters.

Cette rumeur a, malheureusement, été démentie.

Syd Barrett est décédé le 7 juillet 2006 à Cambridge, suite à des complications liées à son diabète. Il avait 60 ans.

Ce qu'il reste de Pink Floyd, c'est le souvenir d'un des plus grands groupes de rock britanniques, à l'histoire complexe, aux orientations diverses. Ce groupe a marqué à tout jamais une génération et près de 40 ans après sa création a toujours un rayonnement immense.

Pink Floyd, un groupe immortel ...

Quelques liens :

Un live de Comfortably Numb

Le live dans Hyde Park de l'an dernier

Vidéo de Another Brick in the Wall

Une espèce de rétrospective sympa, première partie

Deuxième partie de la rétro

De gauche à droite : Nick Mason, Syd Barrett, David Gilmour, Roger Waters et Richard Wright
Pink Floyd

# Posted on Saturday, 11 November 2006 at 11:02 AM

UGES vs Assas.net : la revanche (samedi 23 septembre à St Ouen)

Les fougueux UGESsiens et les farouches Assas.netiens s'étaient aujourd'hui donné rendez-vous à la Porte de Clichy pour régler enfin une histoire vieille comme le monde (de deux mois) : qui pouvait vaincre l'autre sur un terrain de football ?

Le soleil allait être de la partie, l'imprévu aussi : malgré une arrivée sur le lieu aux aurores, le terrain prévu pour héberger cette rencontre au sommet était déjà occupé par deux équipes. Ainsi, après une rapide réunion des têtes pensantes, il fut décidé d'émigrer vers St Ouen, où s'était déjà déroulé la précédent match.

Une fois arrivés sur place, les joueurs se passèrent la balle pendant quelques minutes, et se mirent d'accord sur les modalités du match : initialement prévu pour être un 13 vs 13 sur grand terrain, la rencontre s'est mutée en 10 vs 10 sur petit terrain avec des changements. La rencontre allait débuter, le public s'était massé dans les tribunes pour assister à ce qui promettait d'être une partie pleine de rebondissements et d'émotion !

Et tout de suite, les spectateurs comprirent que cette rencontre n'allait pas être bâclée en 5 minutes : les joueurs de part et d'autre semblaient tendus, incapables de débloquer le match qui tournait en rond. Les actions avortées rendaient bien compte de la pression qui pesait sur chacun des protagonistes de la journée, et ce manque de fluidité n'était que le témoignage flagrant de deux équipes ne voulant pas se découvrir et attendant une ouverture pour sonner l'adversaire. L'ouverture du score, et les buts qui s'ensuivirent ne permirent pas de démarquer une équipe de l'autre, même si l'UGES semblait avoir l'avantage, menant à maintes reprises mais ne parvenant pas à faire ce break qui les mettrait à l'abri d'un retour des guerriers d'assas.net, dont la force de caractère, l'abnégation et le courage sont légendaires. Néanmoins cette équipe de l'UGES parfaitement regroupée derrière, avec une défense digne des plus belles heures de gloire italiennes, et profitant souvent de leurs contre attaques, semblait leur poser des problèmes. Imothep notamment sut inquiéter les joueurs d'assas.net : présent partout sur le terrain, le colosse à la condition physique impressionnante faisait déchanter les attaques de ses adversaires et a effrayé plus d'une fois les défenseurs chargés de le marquer. Mais la défense d'assas.net, sous l'égide d'un ami de Loserito en particulier, assisté par les irréprochables Nikos et Baloo entre autres n'avait pas à rougir de sa prestation ! Loin de là ! Et que dire des gardiens ? Entre Ace, Aragorn et Nif, que de talent, que d'aisance à cette position ! Terriblement rassurants pour leurs défenseurs, frustrants pour leurs adversaires, les gardiens ont joué un rôle à part entière du côté d'assas.net et ne sont pas pour rien dans la victoire de leur équipe.

Néanmoins, la rencontre recommençait à tourner en rond lorsqu'on en arriva au score de 4-4. Beaucoup d'occasions manquées, des pertes de balles stupides, tout ça contribuait à rendre les deux côtés fébriles. Et ce fut Nikos, Nikos le Brave, Nikos le Buteur, qui débloqua la situation, sur un cafouillage de la défense UGESsienne, lorsqu'il poussa le ballon juste derrière la ligne. Ce but, véritable tournant du match, mit assas.net devant au tableau d'affichage pour la deuxième fois seulement du match, position qu'ils ne quitteraient plus avant le coup de sifflet final.

Car le reste du match fut à l'avantage évident d'assas.net, qui multiplia les occasions et les buts, grâce à Flat « Wayne Rooney », Rum1 auteur d'un triplé, Nif et les autres. La machine assas.net avait était mise en branle, plus rien ne put l'arrêter, même pas les éphémères sursauts de l'UGES, sous la houlette d'Imothep encore une fois, véritable Capitaine Courage de la journée. Malheureusement pour lui et son équipe, la différence de buts se creusait, et bientôt ils comprirent que seul un miracle pourrait les permettre de recoller au score. Ce miracle n'advint pas, et malgré tous leurs efforts, qui méritent d'être salués, assas.net avait tué le match ! A 13h, le coup de sifflet final retentit sous la forme d'un ultime but de Flat.

Que retenir de ce match ? Son résultat ? Les petits accrochages entre les joueurs ? La blessure assez impressionnante d'un membre de l'UGES ? Ou l'esprit de camaraderie régnant au sein des deux équipes, cette envie de jouer et de s'amuser ? Ce public en délire, ce coaching digne de Sir Alex Ferguson ? Encore une fois assas.net avait gagné, mais peu importait l'issue du match, tout le monde se serra la main et s'assit sur les gradins pour une photo de groupe.

Comme le disait Pierre de Coubertin : « L'important dans la vie, ce n'est point le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu. » Mais surtout :

« L'important, c'est de participer ! »

Vivement le prochain match !

(photo de l'équipe gagnante, avec de gauche à droite, 1ere rangée : Benjamin, Metryx, Edouard, Romain, Nicolas, Guillaume ; 2e rangée : Gino, FlaT "Vin Diesel", un ami de Benjamin, Renaud, Nitish, Florie (coach) ; 3e rangée : Cédric, Roman, Marco, Léo)
UGES vs Assas.net : la  revanche (samedi 23 septembre à St Ouen)
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# Posted on Saturday, 28 October 2006 at 9:02 PM

Rétrospective ...

Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective, des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà. Plus tard, on aura habité cette ville, on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens, on aura vécu dans cette ville, cette rue on l'aura prise dix, vingt, mille fois. Au bout d'un moment, tout ça vous appartient, parce qu'on y a vécu. C'est ce qui allait m'arriver. Et je le savais pas encore. Après, bien après, toute galère est devenue une aventure extraordinaire. Y a toujours ce truc idiot, les jours les pires d'un voyage, les expériences les plus ratées sont celles qu'on raconte le plus après aux autres ...

C'est ainsi que parle Xavier au début de l'Auberge Espagnole. Il raconte ainsi en quelques mots ce qu'a été sa vie à l'étranger durant une année. Ca fait maintenant onze mois que je me suis installé à Paris, et aucun texte ne me paraît plus approprié pour résumer ce que je ressens après presque un an de vie ici. Je me rappelle tout particulièrement d'une ballade en septembre dernier sur la rue de Rennes. A l'époque, cette rue ne voulait rien dire pour moi ; c'était une rue qui arrivait au pied de la tour Montparnasse, où il y avait un MacDo. Je ne savais même pas qu'elle arrivait à St Germain des Prés, à ce moment là. Qu'est ce qu'elle représente pour moi cette rue désormais ? Plein de choses... si j'y vais, c'est souvent pour voir ma meilleure amie ; ce MacDo, ce n'est plus seulement n'importe quel MacDo, c'est celui où on va quand on a une fringale de Royal Cheese un dimanche après-midi ; les petits magasins m'ont servi à préparer un cadeau d'anniversaire, une fois. Et St Germain des Prés, je connais maintenant ! Tous ces lieux, les Champs Elysées, la rue d'Assas, le Luxembourg, la BSG, Vaugirard, le Panthéon, les Tuileries, Châtelet, les quais, Mouffetard, Notre Dame des Champs, Blainville, ces noms qui ne voulaient rien dire pour moi il y a 12 mois, si ce n'est à travers le Monopoly, ont tous leur propre histoire maintenant. Le Luxembourg, c'est où on va lire des magazines comme Public, ou Voici, avec Marie, quand on en a marre de travailler à la BSG. La rue Blainville, c'est là où il y a les meilleurs sandwiches du monde, et un excellent bar à cocktails. Et ainsi de suite.

Paris est un endroit magique. On peut sortir à tout moment de la journée, à toute période de l'année, et on découvrira forcément quelque chose de nouveau. On se trouvera toujours enrichi de la ballade qu'on vient de faire. Mais Paris c'est bien plus pour moi. Je me suis installé ici l'an dernier pour commencer des études de Droit. « Pourquoi Paris ? » me demande-t-on encore aujourd'hui ... C'est vrai, il y a de bonnes facs de Droit dans le Sud. Et en vérité, je peux toujours pas répondre à cette question. Parce qu'en fin de compte, il n'y avait pas de raison particulière à mon envie de m'installer ici. Etait-ce parce que c'est une grande ville ? Parce que j'avais l'opportunité d'étudier dans une excellente université ? Parce que Paris m'a toujours plu de toute façon ? Un an plus tard, je ne suis pas plus fixé sur les raisons de mon départ que je ne l'étais en début d'année. Je me rappelle de ce vendredi soir de septembre, lorsque après avoir terminé le travail à Nantes mon père et moi avons pris la voiture pour m'installer ici. Je me rappelle de son départ, des questions que je me posais à l'époque. N'avais-je pas fait une monumentale erreur ? Arriverais-je à tenir toute l'année si loin de ma famille ? Ces inquiétudes tout à fait naturelles à l'époque se sont révélées sans fondement en fin de compte. Une de mes plus grosses frayeurs, à vrai dire, était de ne pas me faire de vrais amis ici ; de toutes mes peurs, c'est celle qui aujourd'hui me paraît la plus ridicule.

Car je sais maintenant qu'en un an, je me suis fait quelques vrais amis pour la vie. Des gens que j'ai appris à connaître durant l'année, à apprécier et à aimer. Forcément je pense à Marie, à Nicolas, à Anthony... C'est grâce à des amis comme vous que cette année s'est aussi bien passée, grâce à toi Marie que j'ai réussi à toujours passer à autre chose après des moments difficiles ; tous ces dimanches après-midi dans des cafés, ces Royal Cheese, ces verres au Lucernaire avant un cours de R.I, toutes ces choses représentent énormément pour moi, et restent des souvenirs que je garderai toujours. Je ne pourrais pas non plus ne pas remercier Maman Valentini, véritable mère nourricière du second semestre. Même si vous n'aimez pas Beckham, je vous pardonne tout. Je pense aussi au hhhippie communiste, ami « sur le tard », mais qui commence à monopoliser pas mal de mon temps ! Respecte mon autoritééé ! Bien sûr je pense à Will, mon coloc génial ; entre les congélations, les cris, les éclats cuivrés, le concept de la pouffiardise, les creux du dimanche après-midi (entre 15 et 18h, pour les curieux), je vois mal comment cette année de vie commune aurait pu mieux se passer. Et je pense aussi à celle que j'ai aimée, et qui malgré tout ce qui s'est passé a été une personne importante dans ma vie ici. Merci pour les bons moments.

Je me prépare à entamer ma deuxième année de Droit, à re-rentrer dans la routine de la fac, les TDs, les disserts à préparer, les cours en Grand Amphi où on pourrait continuer nos expériences de congélation, Will, prendre le métro tous les matins, etc... Cette année sera-t-elle aussi géniale que la dernière ? Meilleure ? Pas impossible... Mais je sais qu'à l'orée de cette nouvelle aventure, je jette un regard sur les onze derniers mois, et je peux sourire. Cette année a été incroyablement formatrice, en fin de compte. J'ai beaucoup grandi, j'ai dû apprendre à me débrouiller par moi-même. J'ai trouvé ma vocation, à travers mes études. J'ai rencontré des gens formidables, que j'espère garder dans ma vie encore longtemps. J'ai connu des aventures ici, des mésaventures aussi, j'ai été heureux, triste, j'ai eu froid, chaud, j'ai aimé.

Paris m'a énormément apporté. J'espère encore vivre de beaux moments comme j'en ai vécu, et cette année je ne débute avec aucune inquiétude. Seuls l'optimisme et l'espoir sont au rendez-vous...
Rétrospective ...
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# Posted on Sunday, 13 August 2006 at 4:59 PM

Edited on Thursday, 24 May 2007 at 4:05 AM